Texte Fabian Sanabria, COMMISSAIRE GÉNÉRAL DE L'ANNÉE FRANCE-COLOMBIE (INSTITUT FRANÇAIS 2017) 
En contemplant cette installation, on s'aperçoit que l’institution contemporaine d’une mémoire ' n’est plus possible qu’à condition de payer sa dette à une “mémoire du croire”. Le croire associé au voir qui est la mémoire du corps — au sens charnel du terme, et qui peut être sublime : la mémoire du désir et du vide, de la durée et de la prévisionalité, de la maladie et de la santé, de la jeunesse et de la vieillesse, du sensible et de l’intelligible, de la vie et de la mort. Oui, surtout la mémoire de la mort, c’est à dire de l’oubli — de l’expérience d’oublier pour créer un autre souvenir en élargissant une nouvelle mémoire.  Voilà pourquoi sont essentiels ces "paysages de la mémoire” présentés par huit artistes qui ont apprécié de façon onirique un morceau de la Colombie. Et à travers ces désirs en rêve, il est possible de se rappeler du croire dans un sens plus large qui permet l'expérience esthétique, au-delà des institutions religieuses ou artistiques. Parce qu’une certaine “virtualité familière” nous le permet, parce qu’il y a comme des "cadres" qui enserrent notre pensée, une “pluralité d’espaces” qui font possible la“mouvance de l’intelligence à l’image et inversement” — espaces qui portent la mémoire des groupes auxquels nous appartenons.  Et c'est bien là que toute mémoire individuelle est une expérience de la mémoire collective ; c'est bien là que les croyances sociales se reconnaissent dans des traditions et d.es souvenirs, dans des volontés et des représentations qui s’actualisent dans le présent, comme l'exprimait magnifiquement l'auteur de La recherche du temps perdu :  ​​​Quand nous avons dépassé un certain âge, l’âme de l’enfant que nous fûmes et l’âme des morts dont nous sommes sortis viennent nous jeter à poignée leurs richesses et leurs mauvais sorts, demandant à coopérer aux nouveaux sentiments que nous éprouvons et dans lesquels, effaçant leur ancienne effigie, nous les refondons en une création nouvelle. (M. Proust, À la Recherche du temps perdu, t. III, p. 79)  Oui, il faudra “dépasser un certain âge”... C’est-à-dire, que le temps passe... Il faudra l’examen de la durée, tout un travail de sélection et d’interprétation pour que les nouveaux exercices de la mémoire soient perdurables, pour que ces paysages restent dans notre mémoire et dans la mémoire des artistes et des spectateurs qui s'y retrouvent. On dira que ce s traits enregistrés sont éphémères. Mais il s'agit d'un "éphémère durable" dans la mesure où il contient une volonté de persévérance — chose qui implique de l'espérance et de la lucidité. Car l'espérance vraie sait qu'elle n'est pas certitude. 
C'est un espoir non pas au meilleur des mondes, mais en un monde meilleur. Et c'est ainsi que la métamorphose se produit et réalise effectivement une nouvelle origine : ​​​​​​​(Y. Bonnefoy, Du mouvement et de l'immobilité de Douve, Éditions du Mercure de France, 1953
Mitu de Diego Samper
Mitu de Diego Samper
Teyuna de Diego Samper
Teyuna de Diego Samper
Erosiones de Diego Samper
Erosiones de Diego Samper
Vortex de Diego Samper
Vortex de Diego Samper
Paula Ospina
Paula Ospina
Paula Ospina
Paula Ospina
L'ALCHIMISTE & SON TOTEM PRÉCOLOMBIEN
L'ALCHIMISTE & SON TOTEM PRÉCOLOMBIEN
LE CAFÉ UNA
LE CAFÉ UNA
  Photo credits : DIEGO SAMPER
Photo credits : DIEGO SAMPER
SOLD
SOLD
Broullaird Andine  Suiboku, 35 x 50 cm, 2017
Broullaird Andine Suiboku, 35 x 50 cm, 2017
Lagune Andine  Suiboku, 35 x 50 cm, 2017
Lagune Andine Suiboku, 35 x 50 cm, 2017
Montagnes Andines  Suiboku, 50 x 35 cm, 2017
Montagnes Andines Suiboku, 50 x 35 cm, 2017
Les Andes a 3800 mètres  Suiboku, 35 x 50 cm, 2017
Les Andes a 3800 mètres Suiboku, 35 x 50 cm, 2017
Forêt à 4000 mètres  Suiboku, 35 x 50 cm, 2017
Forêt à 4000 mètres Suiboku, 35 x 50 cm, 2017